Relier deux bâtiments au même réseau : câble, fibre ou pont radio ?
En bref
Le Wi-Fi du bureau traverse mal la cour : il faut d’abord relier les bâtiments. Un câble réseau en cuivre suffit jusqu’à 100 mètres. Au-delà, ou pour isoler électriquement les bâtiments, on passe à une fibre sans métal. Sans tranchée, deux antennes qui se voient forment un pont radio : jusqu’à 500 mètres ou 5 kilomètres annoncés selon le modèle.

Le bureau est connecté, l’atelier beaucoup moins. Ou la maison de l’exploitation a Internet, mais pas le hangar au fond de la cour, où se trouvent la pointeuse et bientôt des caméras. On a essayé un répéteur Wi-Fi, sans grand succès. Voici les trois façons sérieuses de relier deux bâtiments du même site, et comment choisir.
Pourquoi le Wi-Fi du bureau n’arrive-t-il pas jusqu’à l’atelier ?
Parce qu’une borne posée dans un bureau est faite pour couvrir le bureau. Pour atteindre l’autre bâtiment, son signal doit franchir la distance, puis deux façades. Or un signal radio s’affaiblit à mesure qu’il s’éloigne de l’antenne, comme l’explique le fabricant Ubiquiti. Et chaque façade l’affaiblit encore : entre deux bornes, le même fabricant conseille d’écarter les obstacles comme les murs épais.
Le répéteur, ou la borne qui capte l’autre sans fil (le maillage), donne parfois un signal, mais chaque relais sans fil a un prix. Ubiquiti, qui fabrique les bornes UniFi que nous posons, l’écrit dans ses conseils sur le maillage : relier une borne par câble reste la méthode idéale pour les meilleures performances et la meilleure stabilité, et chaque saut sans fil réduit le débit disponible.
La bonne méthode : amener le réseau jusque dans le second bâtiment, puis y poser sa propre borne. Pour couvrir ensuite un atelier ou un dépôt, voyez Wi-Fi dans un entrepôt ou un atelier.
Le câble réseau en cuivre : jusqu’à 100 mètres
La solution la plus simple quand les bâtiments sont proches : un câble réseau relie le commutateur du bureau à celui de l’atelier.
Sa limite est fixée par la norme Ethernet : 100 mètres de câble au plus. Au-delà, on sort de la norme. Ces 100 mètres se mesurent le long du trajet réel, pas à vol d’oiseau, détours et montée jusqu’à l’armoire compris.
Mais un câble en cuivre relie électriquement les deux bâtiments. Or, tiré dehors, il peut recevoir une surtension quand la foudre tombe à proximité : l’Union internationale des télécommunications consacre une recommandation entière à cette protection. Et quand deux bâtiments n’ont pas la même terre, des courants peuvent circuler dans le blindage du câble, note l’association industrielle PROFINET. On protège alors la liaison contre les surtensions, ou l’on choisit la fibre.
La fibre optique : plus loin, et sans lien électrique
La fibre transporte de la lumière, pas du courant. Cela change deux choses.
Elle va beaucoup plus loin. Dans son tableau, le fabricant Ubiquiti annonce jusqu’à 550 mètres en fibre multimode et 10 kilomètres en monomode, selon le module. Pour une cour, la distance n’est plus le problème.
Elle isole les deux bâtiments. Une fibre ne transporte ni courant ni tension : ses deux bouts sont isolés électriquement, et il n’est pas nécessaire de relier les terres des deux bâtiments, précise l’association PROFINET. Une surtension ne passe donc pas d’un bâtiment à l’autre par la fibre. À une condition : un câble sans métal, car un câble qui en contient doit être relié à la terre, rappelle The Fiber Optic Association.
À chaque bout, il faut un commutateur avec un port pour la fibre et un petit module qui transforme le signal électrique en lumière (Ubiquiti). Comme le cuivre, elle demande un passage.
Tranchée et gaines : ce qu’il faut savoir avant de creuser
Parfois, une gaine vide existe déjà. Sinon, il faut creuser. Trois règles de bon sens :
- une gaine plutôt que la pleine terre, et une gaine de réserve avec un fil de tirage, pour remplacer un câble ou en ajouter un pour une caméra sans rouvrir la cour ;
- profiter des travaux : une tranchée prévue pour l’électricité, l’eau ou une allée refaite est la bonne occasion, avec une gaine séparée pour le réseau ;
- regarder la surface : creuser une pelouse ou ouvrir une cour pavée, ce n’est pas le même chantier. C’est souvent la surface, plus que le câble, qui fait le prix.
Des travaux en vue ? Notre article Déménagement d’entreprise explique pourquoi câbler pendant le chantier.
Le pont radio : deux antennes qui se voient
Quand creuser est impossible ou trop lourd, le pont radio passe par les airs : une antenne sur chaque bâtiment, face à face. Chaque antenne est reliée au réseau de son bâtiment par un câble qui l’alimente aussi (en PoE).
La condition : que les deux antennes se voient. Le fabricant demande de les pointer l’une vers l’autre, à vue. Un arbre, un silo ou un hangar entre les deux peut affaiblir le lien, voire le couper. Nous le vérifions sur place, en pensant à l’arbre qui poussera.
Les portées annoncées par le fabricant pour ses ponts radio UniFi :
- Building Bridge : 500 mètres, en 60 GHz, jusqu’à 1,7 Gbit/s, avec une radio de secours en 5 GHz ;
- Building Bridge XG : 500 mètres, en 60 GHz, jusqu’à 6 Gbit/s ;
- Device Bridge Pro : 5 kilomètres, en 5 GHz.
Ce sont des maximums : sur un site réel, c’est la visite qui dit ce qui tient.
La météo. Le fabricant indique que le lien 60 GHz peut tomber par mauvais temps. Le Building Bridge peut alors basculer sur sa radio de secours en 5 GHz, moins rapide (866,6 Mbit/s annoncés au plus), le temps que le lien 60 GHz se rétablisse.
La protection. Dehors, le fabricant recommande un câble blindé relié à la terre et deux parafoudres, l’un près de l’antenne, l’autre à l’entrée du bâtiment.
Enfin, un pont radio ne crée pas de connexion Internet : il prolonge celle du bâtiment principal. Si c’est la connexion qui manque, lisez d’abord Pas de fibre dans votre zoning. Et si vos sites sont à plusieurs kilomètres, chacun avec sa connexion, voyez Relier plusieurs sites d’entreprise.
Câble, fibre ou pont radio : comment choisir ?
| Solution | Quand la choisir | À prévoir |
|---|---|---|
| Câble réseau en cuivre | Moins de 100 mètres de câble, trajet réel compris | Une tranchée ou une gaine, une protection contre les surtensions |
| Fibre optique | Plus de 100 mètres, ou deux bâtiments à isoler électriquement | Une tranchée ou une gaine, un port pour la fibre à chaque bout |
| Pont radio | Creuser est impossible ou trop lourd, et les bâtiments se voient | Une vue dégagée, une antenne sur chaque façade |
Ce que fait SateLink
Romuald et son équipe viennent voir le site : la distance réelle, le trajet possible d’un câble, les gaines existantes, la vue d’une façade à l’autre. La visite est gratuite dans un rayon de 30 km autour d’Overijse. On choisit ensuite la solution avec vous ; le prix vient après la visite.
Pour un câble réseau, le câblage est coordonné avec notre électricien partenaire : vous n’avez qu’un interlocuteur. S’il faut une tranchée, on en parle dès la visite : son trajet, la surface à ouvrir et qui la creuse. Pour un pont radio, les deux antennes sont posées, orientées et protégées comme le demande le fabricant. Si seule la fibre convient, la visite le dira. À la fin, un seul réseau : des bornes Wi-Fi UniFi dans chaque bâtiment, les mêmes réseaux séparés pour l’équipe, les visiteurs et les caméras, une armoire étiquetée, les plans et les accès remis. Si l’atelier doit recevoir des caméras, posées par notre partenaire sécurité, le lien est prévu pour elles.
Le détail est sur la page Réseau et Wi-Fi. Ensuite, si vous le souhaitez, la maintenance Sérénité surveille l’ensemble à distance.
En résumé
- Le Wi-Fi traverse mal la cour : on relie d’abord les bâtiments, puis on pose une borne dans le second.
- Un câble en cuivre suffit jusqu’à 100 mètres, trajet réel compris ; la fibre va bien plus loin et, sans métal, isole électriquement les bâtiments.
- Le pont radio évite la tranchée si les deux antennes se voient : jusqu’à 500 mètres ou 5 kilomètres annoncés selon le modèle.
- Distance, trajet du câble et vue d’une façade à l’autre se vérifient à la visite.
Décrivez-nous vos bâtiments pendant l’appel de cadrage : trente minutes, gratuites, pour voir ce qui est possible chez vous et préparer la visite.
