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Open space et grands bâtiments : penser le Wi-Fi en nombre d’utilisateurs, pas en mètres carrés

En bref

Parce qu’une borne partage son temps d’antenne entre tous les appareils connectés : un seul parle à la fois. Meraki parle de haute densité au-delà de 30 appareils par borne et recommande environ 25 appareils par radio. On compte donc les personnes, leurs appareils et leurs usages par zone, puis on en déduit le nombre de bornes.

Le matin, tout va bien. À 10 h, quand l’open space est plein et que la moitié de l’équipe est en visio, les images se figent et les fichiers mettent une éternité à s’ouvrir. Le signal, lui, affiche toutes ses barres. Ce n’est pas une question de couverture : c’est une question de place sur les ondes. Dans un grand plateau ou un bâtiment très occupé, le Wi-Fi se calcule d’abord en nombre de personnes et d’appareils.

Pourquoi la surface ne suffit-elle pas ?

Parce qu’une borne qui couvre bien 100 m² ne sert pas forcément bien les quarante personnes assises sur ces 100 m². La documentation de Meraki, la gamme Wi-Fi de Cisco, l’explique : longtemps, on a conçu un Wi-Fi pour couvrir avec le moins de bornes possible, en vérifiant un niveau de signal minimum. Cette méthode marche pour la couverture, mais elle ne tient compte ni du nombre d’appareils, ni de leurs capacités, ni des besoins de leurs applications.

La raison est simple : le Wi-Fi est « half-duplex ». Un seul appareil parle à la fois sur une borne, les autres attendent leur tour. Plus il y a d’appareils sur la même borne, plus chacun attend. Le signal reste fort, mais le temps d’antenne se partage.

Pour un bureau classique, un ordre de grandeur en surface reste utile, comme l’explique notre article Wi-Fi de bureau : combien de bornes. Dans un open space dense, une salle de formation ou un grand plateau, c’est le nombre d’utilisateurs qui décide. Ce sujet fait partie de notre guide du Wi-Fi professionnel.

À partir de quand parle-t-on de haute densité ?

Meraki classe un lieu en haute densité dès que plus de 30 appareils se connectent à une même borne. Les bureaux, les grands campus à plusieurs étages et les grandes salles en font partie. Pour garder une bonne qualité, le même guide recommande environ 25 appareils par radio, soit 50 par borne, dans ces déploiements.

Une personne n’a pas un appareil : ordinateur, téléphone, parfois une tablette ou un casque. Trente personnes peuvent donc faire bien plus de trente appareils.

Comment compter, concrètement ?

Meraki décrit une méthode en trois temps, que l’on peut appliquer à un open space.

1. Estimer le débit des usages. Le guide donne des repères par application : environ 500 kbps pour la navigation, 1,5 Mbps pour la visioconférence, de 16 à 320 kbps pour la téléphonie par Internet, de 768 kbps à 8 Mbps pour une vidéo en haute définition. On multiplie le débit de l’usage principal par le nombre de personnes qui l’utilisent en même temps.

2. Estimer ce qu’une borne peut réellement donner. Le débit annoncé sur la boîte n’est pas le débit utile. Meraki estime le débit réel d’un appareil à environ la moitié du débit annoncé, puis conseille de retirer encore 30 % pour tenir compte des autres facteurs. Et les téléphones, qui ont souvent une ou deux antennes, vont moins vite qu’un ordinateur portable.

3. Retenir le plus grand des deux nombres. On calcule le nombre de bornes nécessaire pour le débit, puis celui nécessaire pour le nombre d’appareils, à raison d’environ 25 par radio. On garde le plus grand.

Ce qu’on compte Pourquoi
Les personnes par zone, aux heures pleines C’est le pic qui fait saturer, pas la moyenne
Les appareils par personne Ordinateur, téléphone, tablette, casque
L’usage principal Visio, fichiers lourds, téléphonie, simple navigation
Les appareils les plus anciens Ils obtiennent un débit plus faible, note Meraki

Prenons un exemple de calcul, et seulement un exemple : 40 personnes dans un open space, chacune avec un ordinateur et un téléphone, soit 80 appareils. À 25 appareils par radio, il faut plusieurs radios rien que pour le nombre d’appareils, donc plusieurs bornes, même si une seule « couvrirait » la surface. Le chiffre réel se décide avec les usages et une mesure sur place.

Ajouter des bornes, ça suffit ?

Pas n’importe comment. Meraki prévient qu’ajouter des bornes sur le même canal, avec des zones qui se recouvrent, n’augmente pas la capacité : elles se partagent alors le même temps d’antenne. Il faut donc répartir les canaux entre bornes voisines. Pour la même raison, le guide recommande en haute densité des canaux de 20 MHz, plus étroits, qui laissent plus de canaux différents à répartir entre les bornes.

D’autres réglages comptent autant que le nombre de bornes :

  • Trois réseaux Wi-Fi au plus par borne. Meraki en fait une exigence en haute densité : chaque nom de réseau diffusé ajoute du trafic de gestion qui occupe l’antenne. Un réseau pour l’équipe, un pour les visiteurs, un pour les équipements suffisent (voir le Wi-Fi des visiteurs).
  • Une puissance d’émission adaptée. Des bornes rapprochées n’ont pas besoin de crier : une puissance plus basse limite les zones où elles se gênent.
  • Les bornes au plafond, à bonne hauteur. Meraki conseille, sous 3 mètres environ, des bornes à antennes intégrées ; de 3 à 8 mètres, des antennes orientées vers le bas.
  • Une alimentation suffisante. Le même guide conseille une infrastructure capable de fournir du PoE+ pour des bornes performantes.

Ubiquiti, le fabricant des bornes UniFi, donne le même conseil quand trop d’appareils chargent une borne : ajouter des bornes pour mieux répartir les appareils (Maximiser les débits Wi-Fi).

Et les grands bâtiments sur plusieurs étages ?

Le principe est le même, étage par étage et zone par zone. On distingue les zones qui se remplissent d’un coup (salle de réunion, cafétéria, salle de formation) de celles qui restent stables (bureaux, couloirs). Une salle de réunion de vingt places gagne souvent une borne à elle seule. Et chaque borne a son câble : dans un bâtiment de cette taille, le câblage et l’armoire réseau se prévoient en même temps que le Wi-Fi, comme dans Câbler un bureau : combien de prises réseau prévoir.

Pourquoi mesurer quand même ?

Le calcul donne un nombre de bornes. La mesure dit où les poser. Meraki juge un relevé actif sur place indispensable pour un Wi-Fi à haute densité, avec une analyse des interférences. Notre article sur l’audit Wi-Fi explique ce qu’on relève, et ce que vous recevez ensuite.

Romuald et son équipe commencent par compter avec vous : combien de personnes par zone, avec quels appareils, pour quels usages. Puis nous mesurons la couverture sur place, lors de la visite, gratuite dans un rayon de 30 km autour d’Overijse. Nous posons ensuite des bornes UniFi reliées par câble, réparties pour que les canaux ne se gênent pas, avec des réseaux séparés pour l’équipe, les visiteurs et les équipements. SateLink Solution est une entreprise indépendante, qui pose et configure ce matériel sans appartenir à ces sociétés.

Le prix se donne après la visite, HTVA, selon le nombre de bornes, le câblage et l’armoire. Tout est détaillé sur la page Réseau et Wi-Fi.

En résumé

  • Sur une borne, un seul appareil parle à la fois : plus il y a d’appareils, plus chacun attend, même avec un signal fort.
  • Meraki parle de haute densité au-delà de 30 appareils par borne et recommande environ 25 appareils par radio.
  • On compte les personnes, leurs appareils et leurs usages par zone, aux heures pleines, puis on en déduit le nombre de bornes.
  • Des bornes en plus n’aident que si leurs canaux sont bien répartis, avec trois réseaux au plus par borne.

L’appel de cadrage est gratuit : trente minutes pour compter avec vous les personnes et les appareils de chaque zone.

Portrait de Romuald, fondateur de SateLink, en t-shirt SateLink

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