Reprendre un réseau installé par quelqu’un d’autre : par où commencer ?
En bref
Récupérez d’abord les accès, au nom de l’entreprise, puis faites l’état des lieux : ce qui est branché, et comment. Traitez ensuite ce qui presse : mots de passe d’usine ou partagés, accès de l’ancien prestataire, mises à jour en retard, portes ouvertes sur Internet. Sauvegardez les réglages avant de toucher à quoi que ce soit.
L’informaticien qui avait tout installé a pris sa retraite, le prestataire a fermé, ou vous venez de racheter l’entreprise avec ses locaux. Le réseau fonctionne, plus ou moins. Mais personne ne connaît le mot de passe de la passerelle, le placard technique ressemble à un plat de spaghettis, et la box porte encore l’étiquette d’un ancien opérateur. Voici dans quel ordre reprendre la main, sans casser ce qui marche.
Pourquoi ne pas tout refaire tout de suite ?
Parce qu’on ne sait pas encore ce qui tient. Une installation inconnue cache souvent des liens qu’on ne voit pas : une caméra qui enregistre sur un serveur oublié, un logiciel qui n’accepte que l’adresse du bureau, un téléphone branché derrière un ordinateur. Tout débrancher pour tout recommencer peut arrêter l’entreprise pour une raison qu’on découvre trop tard.
La bonne méthode est l’inverse : récupérer les accès, comprendre, sécuriser ce qui presse, puis décider de ce qu’on garde. Cette reprise s’inscrit dans l’organisation complète du réseau, que reprend notre guide de l’architecture du réseau d’entreprise.
Étape 1 : récupérer les accès, au nom de l’entreprise
Avant tout réglage, dressez la liste des accès à retrouver :
- la console de gestion du réseau, ou les pages de réglage de la passerelle et des commutateurs ;
- les bornes Wi-Fi, si elles se gèrent une à une ;
- l’espace client de chaque opérateur (fibre, 4G ou 5G, téléphonie) ;
- l’enregistreur des caméras et son application ;
- le compte chez le fabricant du matériel, s’il y en a un.
Demandez-les à l’ancien prestataire par écrit, avec courtoisie : la plupart les remettent volontiers. Vérifiez au passage au nom de qui sont ouverts les comptes. Un compte au nom personnel d’un ancien technicien est un accès que l’entreprise ne contrôle pas. Il se transfère, ou se recrée au nom de l’entreprise.
Si un accès ne peut pas être retrouvé, l’appareil peut souvent être remis dans son état d’usine et réglé de nouveau. C’est faisable, mais il perd alors ses réglages : on le prévoit en dehors des heures de travail, après avoir noté ce qu’il fait.
Étape 2 : faire l’état des lieux
On reprend ce qui existe, appareil par appareil et câble par câble. Le centre national de cybersécurité britannique, le NCSC, place l’inventaire en tête de ses dix étapes de la cybersécurité : savoir ce qu’on a, et comprendre comment c’est organisé.
Concrètement, on relève :
- chaque connexion à Internet, son opérateur et ce qu’elle dessert ;
- chaque appareil réseau, son modèle, son emplacement et son âge ;
- les prises et les câbles, et où ils aboutissent ;
- les réseaux qui existent (un seul, ou plusieurs séparés) et les règles entre eux ;
- ce qui est accessible depuis l’extérieur, et par qui.
Le résultat devient le plan du réseau. Notre article Plan du réseau : pourquoi le tenir à jour, et ce qu’il doit contenir détaille son contenu. Si la baie est en désordre, la remise en ordre suit la méthode de l’article sur l’armoire réseau en désordre.
Étape 3 : sauvegarder les réglages avant de toucher à quoi que ce soit
Avant la première modification, gardez une copie des réglages de la passerelle, des commutateurs et des bornes. L’agence américaine de cybersécurité, la CISA, recommande dans ses conseils pour les équipements réseau de sauvegarder les configurations hors ligne et de protéger ces fichiers. Si un changement tourne mal, on revient en arrière en quelques minutes au lieu de reconstruire de mémoire.
Étape 4 : traiter ce qui presse
Certaines failles ne peuvent pas attendre la fin de l’état des lieux. Voici l’ordre, du plus urgent au moins urgent :
| Ce qu’on trouve | Le risque | Ce qu’on fait |
|---|---|---|
| Des mots de passe d’usine ou partagés par tous | N’importe qui peut entrer dans les réglages | On les change, appareil par appareil |
| L’ancien prestataire a toujours un accès | Un accès que vous ne contrôlez plus | On le ferme, ou on change les mots de passe qu’il connaissait |
| Une caméra ou un enregistreur ouverts sur Internet | Les images, voire le réseau, joignables par n’importe qui | On ferme l’ouverture et on passe par un accès sécurisé |
| Des appareils pas mis à jour depuis longtemps | Des failles connues restent ouvertes | On planifie les mises à jour, réglages sauvegardés |
| Un seul réseau pour l’équipe, les visiteurs et les caméras | Un appareil faible donne accès à tout le reste | On prévoit des réseaux séparés |
La CISA demande en toutes lettres de changer les mots de passe par défaut et de tenir le logiciel des équipements à jour, en testant les mises à jour avant de les déployer. Les mises à jour ont leur propre article : Mises à jour des bornes et du pare-feu. Pour les caméras vues à distance, notre article sur les caméras de surveillance en entreprise explique comment les regarder sans les exposer à Internet.
Un principe tient pour toute cette étape : un changement à la fois, noté avec sa date, puis vérifié. Si trois réglages changent le même soir et que le téléphone ne marche plus le lendemain, on ne sait pas lequel accuser.
Étape 5 : décider de ce qu’on garde
Une fois l’installation comprise et sécurisée, on peut trancher, appareil par appareil :
- garder ce qui fonctionne, reçoit encore des mises à jour et répond à vos besoins ;
- régler autrement ce qui est bon mais mal configuré, comme un réseau unique qui peut être découpé en réseaux séparés ;
- remplacer ce qui n’est plus suivi par son fabricant, tombe souvent en panne ou bloque ce que vous voulez faire.
Regardez aussi les dates d’achat et les garanties relevées pendant l’état des lieux : un appareil encore couvert peut être pris en charge par sa garantie. Notre article sur la garantie du matériel réseau explique ce qu’elle couvre.
Rien n’oblige à tout faire d’un coup. Un réseau repris se remet souvent en ordre en plusieurs étapes, en commençant par ce qui gêne le plus.
Et après la reprise ?
Le risque est de retomber dans la situation de départ : un réseau qui ne tient que dans la tête d’une personne. Le plan et les accès se gardent au nom de l’entreprise, avec une copie hors du réseau, et se mettent à jour à chaque changement. Si personne ne s’en occupe chez vous, lisez Pas de service informatique : qui appeler quand le réseau tombe ?
Ce que fait SateLink
Romuald et son équipe peuvent reprendre une installation faite par un autre : cela commence par un état des lieux sur place, gratuit dans un rayon de 30 km autour d’Overijse : ce qui est en place, ce qui tient, ce qui presse. Vous recevez ensuite une proposition détaillée, HTVA, avant toute intervention. Après les travaux, vous signez que tout fonctionne et recevez les plans et les accès, au nom de l’entreprise, avec quatre mois d’accompagnement compris.
Si vous le souhaitez, la maintenance Sérénité prend ensuite le relais : un seul numéro quand ça coince, un réseau surveillé à distance, une documentation tenue à jour. Ce que comprend une installation est sur la page Réseau et Wi-Fi.
En résumé
- Ne refaites pas tout tout de suite : récupérez les accès, comprenez, sécurisez, puis décidez.
- Mettez chaque accès au nom de l’entreprise, pas d’une personne.
- Faites l’état des lieux et tirez-en le plan du réseau.
- Sauvegardez les réglages avant la première modification, puis changez une chose à la fois.
- Traitez d’abord les mots de passe d’usine, les accès de l’ancien prestataire, les ouvertures sur Internet et les mises à jour.
L’appel de cadrage est gratuit : trente minutes pour faire le tour de ce qui est en place chez vous, et de ce qui presse.
