Caméras de surveillance en entreprise : ce que le réseau doit prévoir avant la pose
En bref
Prévoyez un câble réseau jusqu’à chaque caméra : il l’alimente aussi, si le commutateur suffit pour toutes. Isolez les caméras sur un réseau séparé et regardez-les par un VPN, sans les exposer à Internet. La loi impose une déclaration à la police avant la mise en service, un pictogramme et, en règle générale, un mois de conservation au plus.

Un vol dans le dépôt, du matériel qui disparaît du chantier, un zoning désert la nuit : l’idée des caméras arrive. On pense à la caméra, beaucoup moins au réseau qui la porte. C’est pourtant lui qui l’alimente, garde les images et les fait arriver sur votre téléphone. Chez SateLink, les caméras sont posées par notre partenaire sécurité ; nous préparons le réseau et coordonnons l’ensemble.
Comment une caméra est-elle alimentée ?
Le plus souvent, par le câble réseau : c’est le PoE, pour « Power over Ethernet ». Le même câble transporte les données et le courant, explique le fabricant Ubiquiti. Il faut donc un câble par caméra et un commutateur qui les alimente, en vérifiant deux choses :
- la puissance de chaque prise : 15,4 W au plus en norme 802.3af, 30 W en 802.3at, 60 ou 100 W en 802.3bt, dont l’appareil reçoit un peu moins (12,95, 25,5, 51 et 71 W), selon Ubiquiti. Dans son tableau, une petite caméra consomme 4 W, une caméra motorisée près de 43 W ;
- la puissance totale du commutateur, partagée entre caméras, bornes Wi-Fi et téléphones : elle doit dépasser la somme de leurs besoins, sinon ils deviennent instables ou s’arrêtent.
Le câble est aussi plus stable : Ubiquiti note qu’un signal Wi-Fi faible vers une caméra dégrade l’enregistrement et laisse des trous dans les images. Enfin, si le commutateur alimente les caméras, une coupure de courant les éteint toutes : un onduleur dans la baie les garde en marche, selon son autonomie.
Pourquoi mettre les caméras sur un réseau séparé ?
Parce qu’une caméra est un appareil connecté comme un autre. Safeonweb, la plateforme du Centre pour la Cybersécurité Belgique, rappelle que des criminels peuvent prendre le contrôle de caméras connectées et publier leurs images sur Internet. Premiers réflexes : remplacer les mots de passe installés par défaut et faire les mises à jour dès qu’elles sont disponibles.
Le fabricant de caméras Axis recommande en plus de les isoler sur un réseau séparé. On crée pour cela un réseau virtuel, un VLAN dans le vocabulaire du Centre pour la Cybersécurité Belgique, réservé aux caméras et à leur enregistreur, puis on bloque le passage vers le réseau de l’équipe : sur une passerelle UniFi, l’isolation du réseau pose les règles de pare-feu nécessaires (Ubiquiti). On limite ainsi ce qu’une caméra piratée peut atteindre : les ordinateurs de l’équipe et la comptabilité sont ailleurs. C’est la même logique que pour le Wi-Fi des visiteurs.
Où sont stockées les images ?
| Enregistreur sur place | Stockage dans le cloud | |
|---|---|---|
| Où sont les images | Dans vos locaux | Chez le fournisseur du service |
| Internet pour enregistrer | Pas nécessaire | Nécessaire |
| Ce qui compte pour le réseau | Place dans la baie, onduleur | Débit montant, lien de secours |
| Point d’attention | Protéger l’appareil du vol et des coupures | Une coupure Internet interrompt l’envoi |
Quel débit faut-il pour regarder les caméras à distance ?
Il n’y a pas de chiffre unique. Le débit d’une caméra dépend beaucoup de la scène filmée, explique le fabricant Axis : le mouvement peut le faire monter fortement, et la résolution comme le nombre d’images par seconde comptent aussi.
Ce qui compte, c’est le débit montant de votre connexion : les images quittent l’entreprise par là, et quatre caméras regardées en même temps font quatre flux. Demandez au partenaire sécurité le débit des caméras choisies, réglées comme prévu, et comparez-le au débit montant mesuré sur place. Adresse mal desservie ? Voyez notre page Connexion et lien de secours.
Comment regarder ses caméras à distance sans les exposer à Internet ?
« Ouvrir un port » sur le routeur rend la caméra ou l’enregistreur joignable depuis Internet, par vous comme par n’importe qui. Axis déconseille d’exposer une caméra comme un serveur public et cite le VPN parmi les protections pour l’accès à distance. Deux solutions évitent d’exposer la caméra :
- un VPN, qui relie par Internet votre téléphone ou votre ordinateur au réseau de l’entreprise : il faut s’identifier, les données sont chiffrées et le réseau interne reste caché (Ubiquiti). La plupart des VPN demandent une adresse IP publique, sauf Teleport, celui des passerelles UniFi ;
- l’application du fabricant, quand elle donne accès aux images sans exposer la caméra à Internet, comme celle qu’Axis cite dans son guide.
Quelles règles pour les caméras de surveillance en entreprise ?
En Belgique, c’est la loi caméras qui s’applique, et l’entreprise qui filme en est responsable : l’installateur agit sur son ordre, comme sous-traitant, précise l’Autorité de protection des données.
La déclaration à la police
Une entreprise qui utilise des caméras de surveillance, par exemple contre le vol, doit les déclarer aux services de police, au plus tard la veille de leur mise en service, sur declarationcamera.be. La déclaration se met à jour à chaque changement et se valide chaque année, selon le SPF Intérieur. Il faut aussi tenir un registre des traitements d’images, à présenter à l’Autorité de protection des données et à la police sur demande.
Le pictogramme
Un pictogramme signale les caméras à l’entrée du lieu surveillé. Son modèle et ses mentions sont fixés par arrêté royal : pas question d’un autre dessin ni d’un « Souriez, vous êtes filmés », précise le SPF Intérieur.
La durée de conservation
Enregistrer n’est pas obligatoire. Si vous le faites, les images ne peuvent pas être gardées plus d’un mois, sauf si elles peuvent servir de preuve d’une infraction, d’un dommage ou d’une incivilité, ou aider à identifier un auteur, un témoin ou une victime (Autorité de protection des données). Et dans un lieu fermé, regarder les images en direct n’est admis que pour permettre une intervention immédiate (SPF Intérieur).
Les caméras qui filment vos travailleurs
Pour vos travailleurs, c’est le RGPD qui s’applique, complété dans le secteur privé par la convention collective de travail n° 68. Si les mêmes caméras filment aussi des clients, la loi caméras s’applique en plus pour eux. La CCT n’autorise la surveillance par caméras que pour quatre finalités : la sécurité et la santé, la protection des biens de l’entreprise, le contrôle du processus de production et le contrôle du travail. Le contrôle du travail, comme celui de la production quand il porte sur les travailleurs, doit rester temporaire. L’employeur informe au préalable le conseil d’entreprise ou, à défaut, le comité pour la prévention et la protection au travail, la délégation syndicale ou les travailleurs eux-mêmes (Autorité de protection des données).
Ce résumé ne remplace pas un avis juridique : pour votre situation, reportez-vous aux pages du SPF Intérieur et de l’Autorité de protection des données.
Ce que fait SateLink
Lors de la visite, gratuite dans un rayon de 30 km autour d’Overijse, nous relevons avec vous et le partenaire sécurité les emplacements prévus pour les caméras, pour y amener le câble. Puis nous préparons le réseau :
- le câblage jusqu’à chaque caméra, coordonné avec notre électricien partenaire ;
- des commutateurs UniFi capables d’alimenter toutes les caméras prévues ;
- un réseau séparé et isolé pour les caméras et leur enregistreur ;
- une armoire rangée et étiquetée, plans et accès remis à la fin.
Notre partenaire sécurité pose les caméras, nous coordonnons : vous n’avez qu’un interlocuteur. Le prix du réseau se donne après la visite, et la maintenance Sérénité peut ensuite le superviser à distance. Tout est détaillé sur la page Réseau et Wi-Fi. Vous déménagez ? Prévoyez les caméras pendant les travaux : voyez notre article Déménagement d’entreprise.
En résumé
- Un câble jusqu’à chaque caméra l’alimente aussi (PoE), si le commutateur suffit pour toutes.
- Les caméras sur leur propre réseau, mots de passe changés, mises à jour faites.
- Enregistreur sur place ou cloud : pas le même besoin en débit montant.
- À distance, un VPN ou l’application du fabricant, pas une caméra exposée par un port ouvert.
- La loi : déclaration à la police, pictogramme, un mois de conservation au plus en règle générale, CCT n° 68 pour vos travailleurs.
Vous avez un projet de caméras ? L’appel de cadrage est gratuit : trente minutes pour faire le point sur le réseau qui les portera.
