Combien de jours d’images garder, et où les enregistrer ?
En bref
En Belgique, les images de vidéosurveillance se gardent un mois au plus, sauf si elles servent de preuve, et trois mois pour certains lieux à risque. Ce plafond n’est pas un objectif : choisissez la durée qui vous laisse le temps de constater un problème. La place dépend du nombre de caméras, de leur réglage et de ce qu’elles filment.
Le lundi matin, on découvre qu’une palette a disparu du quai pendant le week-end. On ouvre l’enregistreur, et deux questions arrivent : les images de vendredi soir sont-elles encore là ? Et quelqu’un sait-il où les retrouver ? La durée de conservation se décide une fois, à l’installation. Elle compte surtout le jour où l’on en a besoin.
Cet article fait partie de notre guide de la vidéosurveillance en entreprise.
Combien de temps la loi permet-elle de garder les images ?
Un mois au plus, en règle générale. La loi caméras du 21 mars 2007 et l’Autorité de protection des données posent trois règles :
- enregistrer n’est pas obligatoire ; si vous le faites, c’est pour réunir des preuves d’une infraction, d’un dommage ou d’une incivilité, ou pour identifier un auteur, un témoin ou une victime ;
- les images qui ne servent pas à cela ne se gardent pas plus d’un mois ;
- pour certains lieux présentant un risque particulier, désignés par arrêté royal, le délai passe à trois mois.
Une séquence qui montre le vol de la palette peut donc être gardée au-delà du mois, le temps qu’elle serve de preuve. Le reste s’efface.
La durée choisie se retrouve dans vos documents : le registre des traitements d’images reprend les délais de conservation, et un changement de délai se signale dans la déclaration, selon le SPF Intérieur. Toutes les obligations sont reprises dans Caméras en entreprise : ce que dit la loi belge.
Un mois, c’est un plafond ou un objectif ?
Un plafond. La bonne durée est celle qui vous laisse le temps de constater un problème, puis de retrouver les images. Trois questions aident à la fixer :
- Quand découvre-t-on un incident chez vous ? Le lendemain, pour une vitre brisée. Au prochain inventaire, pour du stock qui disparaît peu à peu.
- Quand le site est-il vide le plus longtemps ? Un long week-end, une fermeture d’été : la durée doit couvrir la période entière, plus le temps de regarder au retour.
- Qui regarde, et quand ? Si la seule personne qui sait se servir de l’enregistreur est en congé, les images doivent l’attendre.
Garder moins longtemps a aussi des avantages : moins de place sur les disques, et moins d’images à protéger.
De quoi dépend la place qu’il faut ?
De trois choses : le nombre de caméras, la durée, et le débit de chaque caméra, c’est-à-dire la quantité d’images qu’elle produit par seconde. Ce débit varie beaucoup. Le fabricant Axis explique, dans sa présentation du contrôle du débit, qu’une scène calme produit peu de données, et qu’un mouvement peut faire monter le débit fortement. La résolution, le nombre d’images par seconde et la compression comptent aussi.
Conséquence pratique, selon Axis : avec un débit variable, la place nécessaire est difficile à prévoir, et il faut garder de la marge. On ne la calcule donc pas au doigt mouillé, mais avec le réglage réel des caméras choisies, à l’aide des calculateurs que proposent les fabricants.
Comment garder l’utile sans remplir les disques ?
Les enregistreurs récents offrent plusieurs réglages. Sur UniFi Protect, par exemple, Ubiquiti en décrit quatre :
- Le mode d’enregistrement : en continu, ou seulement quand un mouvement ou un événement est détecté, caméra par caméra (modes et horaires). Une caméra de couloir peu fréquenté n’a pas besoin d’enregistrer en continu.
- Les horaires : enregistrer seulement à certaines heures, par exemple en dehors des heures d’ouverture.
- La durée par caméra : chaque caméra peut avoir sa propre durée de conservation. Les enregistrements les plus anciens sont supprimés une fois la durée atteinte (stockage et conservation).
- La qualité réduite pour les images anciennes : les images récentes restent en pleine qualité, les plus anciennes passent en qualité réduite pour gagner de la place. Ubiquiti précise qu’une image passée en qualité réduite ne revient pas en pleine qualité.
Pour un incident, on marque ou on exporte la séquence utile, pour qu’elle ne soit pas effacée ou réduite avec le reste.
Où enregistrer les images ?
Trois solutions existent, avec des besoins différents pour le réseau :
| Enregistreur dédié sur place | Serveur de stockage (NAS) sur place | Stockage dans le cloud | |
|---|---|---|---|
| Où sont les images | Dans vos locaux | Dans vos locaux | Chez le fournisseur du service |
| Internet pour enregistrer | Pas nécessaire | Pas nécessaire | Nécessaire, en continu |
| Ce qui compte pour le réseau | Place dans la baie, onduleur | Place dans la baie, onduleur | Débit montant, lien de secours |
| Point d’attention | Protéger l’appareil du vol et des coupures | Le réserver aux images, avec ses disques | Une coupure d’Internet interrompt l’envoi |
Sur place, les images ne quittent pas l’entreprise. Ubiquiti indique par exemple que UniFi Protect stocke les vidéos localement, sans copie dans le cloud par défaut.
Et si un disque tombe en panne ?
Un enregistreur à plusieurs disques peut les combiner pour qu’une panne ne fasse pas perdre les images : c’est le RAID. Ubiquiti décrit, pour ses enregistreurs, une protection contre la panne d’un disque, ou de deux selon la configuration. Elle se paie en place : avec la protection de base et trois disques ou plus, 67 à 75 % de la capacité totale des disques reste utilisable, selon le nombre de disques (Ubiquiti, RAID). On en tient compte dès le calcul de la place.
Comment protéger l’enregistreur lui-même ?
- Contre le vol : un enregistreur posé sur un bureau part avec le reste. On le range dans la baie fermée ou le local technique.
- Contre les coupures : sur onduleur, avec le commutateur qui alimente les caméras. Voyez Coupure de courant : garder Internet, le réseau et le téléphone de l’entreprise avec un onduleur.
- Contre les intrus : sur le réseau séparé des caméras, et consulté à distance sans port ouvert, comme expliqué dans Voir ses caméras à distance sans ouvrir le réseau aux intrus.
Et vérifiez de temps en temps qu’il enregistre vraiment : un disque plein ou une caméra déconnectée ne se remarquent souvent que le jour où l’on cherche une image.
Ce que fait SateLink
Chez SateLink, les caméras sont posées par notre partenaire sécurité. Nous préparons le réseau qui les porte et coordonnons la pose : vous n’avez qu’un interlocuteur. Lors de la visite, gratuite dans un rayon de 30 km autour d’Overijse, nous faisons avec vous le point sur ce que chaque caméra doit enregistrer, et pendant combien de temps. Ensuite :
- une place dans la baie pour l’enregistreur, sur onduleur ;
- un réseau séparé pour les caméras et l’enregistreur ;
- un accès à distance aux images qui n’expose pas les caméras à Internet ;
- la durée choisie et les accès, notés dans les plans remis à la fin.
Avec la maintenance Sérénité, le réseau est ensuite supervisé à distance. Notre façon de travailler est sur la page Réseau et Wi-Fi. SateLink Solution est une entreprise indépendante, qui pose et configure ce matériel sans appartenir à ces sociétés.
En résumé
- Un mois au plus en règle générale, trois mois pour certains lieux à risque, plus longtemps pour une image qui sert de preuve.
- Choisissez la durée qui couvre vos fermetures et le temps de constater un incident.
- La place dépend du nombre de caméras, de la durée et du débit, qui varie avec ce que la caméra filme.
- Détection, horaires et durée par caméra gardent l’utile sans remplir les disques.
- Enregistreur ou NAS sur place, protégés du vol et des coupures ; le cloud demande un bon débit montant. Pour le NAS, voyez Synology pour la vidéosurveillance : enregistrer les images de l’entreprise.
Vous voulez savoir combien de temps garder vos images, et où ? L’appel de cadrage est gratuit : trente minutes pour faire le point sur l’enregistrement de vos caméras.
