Combien coûte une heure sans Internet à votre entreprise ? La méthode de calcul
En bref
Additionnez quatre postes : le temps payé de l’équipe qui ne peut plus travailler, les ventes qui ne se font pas, les appels et rendez-vous perdus, et le rattrapage. Multipliez par la durée probable d’une coupure. Comparez ensuite au prix d’un lien de secours : l’indemnité légale de l’opérateur ne couvre qu’une petite partie.
La connexion tombe à 9 h 30. L’équipe attend, relance la box, appelle l’opérateur. Le téléphone ne sonne plus, la caisse refuse les cartes, la visio de 10 h est reportée. À midi, tout revient, et personne ne sait vraiment ce que la matinée a coûté. C’est pourtant la question à se poser avant de décider s’il faut un lien de secours. Voici une méthode simple pour y répondre avec vos propres chiffres.
Pour le reste du sujet (comment fonctionne un secours, quelles technologies combiner), notre guide Lien de secours : garder Internet quand la connexion de l’entreprise tombe fait le tour complet.
Qu’est-ce qui s’arrête vraiment chez vous ?
Avant de chiffrer, faites la liste. Passez votre journée type en revue et notez tout ce qui a besoin d’Internet pour fonctionner :
- le téléphone, s’il passe par Internet (VoIP ou standard en ligne) ;
- les logiciels en ligne : comptabilité, facturation, planning, gestion des stocks, messagerie ;
- les paiements : terminaux de paiement reliés au réseau, boutique en ligne, prises de commande ;
- les échanges : visio avec les clients, envoi de plans, de devis ou de photos ;
- l’accès aux caméras à distance, si vous les consultez hors des locaux.
Pour chaque ligne, posez une seule question : si cela s’arrête deux heures, qui ne peut plus travailler, et qu’est-ce qui ne se vend pas ? La réponse fait apparaître les quatre postes du calcul.
Les quatre postes à additionner
1. Le temps payé de l’équipe à l’arrêt
C’est le poste le plus facile à compter. Prenez le nombre de personnes qui ne peuvent plus travailler normalement, multipliez par leur coût horaire chargé (salaire et charges, pas le salaire net), puis par la part de leur travail qui s’arrête vraiment. Une personne qui peut encore classer des papiers ou appeler depuis son téléphone portable ne s’arrête pas à 100 %.
2. Les ventes qui ne se font pas
Un commerce qui ne peut plus encaisser par carte, une boutique en ligne dont les commandes ne sont plus traitées, un service qui ne peut plus prendre de rendez-vous. Comptez la marge perdue, pas le chiffre d’affaires : une vente reportée au lendemain n’est pas perdue, un client qui va chez le voisin l’est.
3. Les appels et les rendez-vous manqués
Si votre téléphone passe par Internet, une coupure vous rend injoignable. Combien d’appels recevez-vous en moyenne par heure ? Combien deviennent une commande ou un devis ? Ajoutez les visios reportées, et le temps passé à les replanifier.
4. Le rattrapage
Après la coupure, il faut ressaisir ce qui a été noté sur papier, rappeler les clients, parfois payer des heures supplémentaires pour tenir un délai. Ce poste est souvent oublié, et il n’est pas petit.
La formule, pas à pas
Le coût d’une heure de coupure est la somme des quatre postes, calculés pour une heure :
| Poste | Comment le calculer pour une heure |
|---|---|
| Équipe à l’arrêt | Personnes concernées × coût horaire chargé × part du travail arrêtée |
| Ventes perdues | Marge horaire moyenne × part des ventes qui ne se rattrapent pas |
| Appels et rendez-vous | Appels perdus par heure × part qui serait devenue une affaire × marge moyenne |
| Rattrapage | Heures de rattrapage × coût horaire chargé |
| Coût d’une heure | Somme des quatre lignes |
Multipliez ensuite par la durée probable d’une coupure chez vous. Une box qui redémarre, c’est quelques minutes. Un câble arraché par un engin de chantier dans un zoning, c’est une réparation que l’opérateur doit planifier. Si vous avez déjà connu une longue coupure, partez de sa durée réelle.
Un exemple, avec des chiffres fictifs
Prenons un bureau imaginaire, uniquement pour montrer le calcul : six personnes à 45 € de l’heure chargés, qui perdent la moitié de leur travail sans Internet. Le premier poste vaut 6 × 45 × 0,5, soit 135 € par heure. Si l’équipe perd en plus deux appels utiles par heure et passe une heure à rattraper chaque heure perdue à deux, les autres postes s’ajoutent. Sur une matinée de trois heures, le total dépasse vite plusieurs centaines d’euros.
Ces chiffres ne sont pas une moyenne : remplacez-les par les vôtres. C’est votre total qui compte, pas celui d’un exemple.
Et l’indemnité de l’opérateur ?
Depuis le 1er novembre 2024, la loi belge prévoit une compensation quand un service Internet ou téléphonique est complètement interrompu pendant au moins 8 heures d’affilée, à compter du moment où l’opérateur a connaissance de la panne. L’IBPT, le régulateur des télécommunications, en donne le montant : au moins 1 euro après 8 heures, 1 euro de plus après 24 heures puis 50 centimes par jour supplémentaire, ou au moins un trentième de l’abonnement mensuel si c’est plus.
L’IBPT présente ce droit pour les utilisateurs finaux, sans détailler le cas des entreprises. Retenez surtout l’ordre de grandeur : quelques euros, face à une matinée d’équipe à l’arrêt. L’IBPT conseille aussi de signaler la panne à l’opérateur, puisque le délai court à partir du moment où il en a connaissance.
Comparer au prix d’un lien de secours
Une fois votre coût d’une heure connu, comparez-le au prix d’une seconde connexion qui prend le relais :
- En Starlink, le kit Standard fourni par SateLink coûte 370 € HTVA, et la pose et la mise en service partent de 530 € HTVA. S’y ajoutent l’abonnement et le routeur qui bascule, détaillés dans Starlink pour les entreprises en Belgique : prix, formules et installation.
- En 4G ou en 5G, l’abonnement dépend de l’opérateur et du volume : nous le chiffrons avec notre partenaire opérateur Belcenter, selon la couverture mesurée chez vous.
Le choix entre les deux dépend de votre adresse : voyez Secours en 4G, en 5G ou par Starlink : lequel choisir ?. Et un secours n’en est un que s’il ne partage rien avec la connexion principale : c’est le sujet de Deux abonnements sur la même fibre : pourquoi ce n’est pas un vrai secours.
Si votre coût d’une heure est faible et que vos coupures sont rares, un secours n’est peut-être pas prioritaire. Si une seule longue coupure par an coûte plus que la première année d’un secours, la question est réglée.
Ne pas oublier le courant
Une coupure de courant arrête aussi le routeur et les commutateurs, même si la fibre fonctionne. Dans votre liste, notez ce qui doit rester allumé, et lisez Coupure de courant : garder Internet, le réseau et le téléphone avec un onduleur.
Ce que fait SateLink
Romuald et son équipe regardent avec vous ce qui s’arrête quand Internet tombe, puis choisissent une seconde connexion qui ne partage rien avec la première : fibre, 4G ou 5G avec Belcenter, Starlink quand l’adresse est mal desservie. Nous posons le routeur qui bascule automatiquement, nous testons la bascule avant de vous remettre l’installation, et nous prévoyons une alimentation secourue pour le routeur. La visite est gratuite dans un rayon de 30 km autour d’Overijse. Tout est sur la page Connexion et lien de secours.
En résumé
- Listez d’abord ce qui s’arrête sans Internet : téléphone, logiciels, paiements, échanges.
- Additionnez quatre postes pour une heure : équipe à l’arrêt, ventes perdues, appels manqués, rattrapage.
- Multipliez par la durée probable d’une coupure chez vous.
- L’indemnité légale de l’opérateur, au moins 1 euro après 8 heures selon l’IBPT, ne couvre qu’une petite partie.
- Comparez votre total au prix d’un lien de secours qui ne partage rien avec la connexion principale.
L’appel de cadrage est gratuit : trente minutes pour faire ce calcul avec vos chiffres.
