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Commutateur PoE : à quoi il sert, et comment le choisir pour vos bornes, caméras et téléphones

En bref

Un commutateur PoE envoie le courant et les données par le même câble réseau : bornes Wi-Fi, caméras et téléphones n’ont plus besoin de prise électrique. Pour le choisir, vérifiez deux chiffres : la puissance de chaque prise et la puissance totale disponible. Additionnez la consommation maximale de vos appareils, gardez de la marge, et prévoyez un onduleur.

Une borne Wi-Fi au plafond du couloir, une caméra au-dessus de la porte du dépôt, un téléphone sur chaque bureau. Aucun d’eux n’a de prise électrique à côté, et pourtant tous fonctionnent : le courant arrive par le câble réseau, depuis un boîtier de la baie. Ce boîtier, c’est le commutateur PoE. Bien choisi, on l’oublie. Mal choisi, une borne redémarre sans raison le jour où l’on ajoute une caméra.

Qu’est-ce qu’un commutateur PoE ?

Un commutateur (« switch » en anglais) est le boîtier à prises de la baie réseau : il relie entre eux les ordinateurs, les bornes, les caméras et la passerelle. Un commutateur PoE fait la même chose, et envoie en plus du courant dans certaines de ses prises.

PoE veut dire « Power over Ethernet », l’alimentation par le câble réseau. Le câble peut mesurer jusqu’à 100 mètres, rappelle Cisco dans sa présentation du PoE. Au-delà, il faut un relais.

L’intérêt est simple : une seule prise par appareil, posée là où il est utile (au plafond, en façade, sous un auvent), sans électricien pour tirer une ligne de courant à chaque fois. C’est aussi ce qui permet de garder bornes, caméras et téléphones allumés pendant une coupure de courant : il suffit de protéger le commutateur.

Le commutateur est une des briques de l’organisation du réseau, avec la passerelle et les réseaux séparés. Notre guide de l’architecture du réseau d’entreprise les replace dans l’ordre.

PoE, PoE+, PoE++ : quelle différence ?

Ce sont des niveaux de puissance, définis par des normes successives. Plus l’appareil est gourmand, plus la prise doit être puissante. Les puissances ci-dessous sont celles de la norme, côté commutateur (Cisco). Certaines fiches annoncent un peu plus : celle du commutateur UniFi Pro Max 24 PoE, relevée le 25 octobre 2026, indique 32 W en PoE+.

Niveau Puissance maximale par prise Exemple d’appareil (fiche du fabricant)
PoE (802.3af) 15,4 W La caméra G5 Bullet, 4 W au plus
PoE+ (802.3at) 30 W La borne Wi-Fi U7 Pro, 21 W au plus
PoE++ (802.3bt, type 3) 60 W Les appareils plus gourmands : leur fiche le précise

La norme prévoit aussi 90 W (802.3bt, type 4), rare dans une PME. Le plus sûr reste la fiche de l’appareil : elle dit le niveau qu’il demande.

Deux exemples, chez le même fabricant : la borne Wi-Fi U7 Pro demande du PoE+ et consomme 21 W au plus ; la caméra G5 Bullet se contente du PoE et consomme 4 W au plus.

Quels sont les deux chiffres à vérifier ?

C’est là que se jouent la plupart des erreurs. Un commutateur PoE a deux limites, et il faut respecter les deux :

  1. La puissance de chaque prise. Une borne qui demande du PoE+ ne démarre pas, ou mal, sur une prise qui ne donne que du PoE.
  2. La puissance totale disponible, partagée entre toutes les prises. C’est le chiffre qu’on oublie.

Les fiches techniques de trois commutateurs UniFi, relevées le 25 octobre 2026, montrent l’écart :

Commutateur Prises PoE Puissance totale disponible
Lite 8 PoE 4 en PoE+, sur 8 prises 52 W
Lite 16 PoE 8 en PoE+, sur 16 prises 45 W
Pro Max 24 PoE 8 en PoE+ et 16 en PoE++, sur 24 prises 400 W

Le Lite 16 PoE a deux fois plus de prises PoE que le Lite 8 PoE, mais un peu moins de puissance totale. Avoir huit prises qui donnent du courant ne veut pas dire pouvoir alimenter huit appareils gourmands à la fois.

Comment calculer ce qu’il vous faut ?

Un calcul de quelques lignes suffit :

  1. Listez les appareils à alimenter : bornes, caméras, téléphones, et ce qui viendra dans l’année.
  2. Notez pour chacun son niveau (PoE, PoE+, PoE++) et sa consommation maximale, sur la fiche du fabricant. Prenez le maximum, pas la valeur moyenne : c’est la prudence.
  3. Additionnez. Le total doit rester sous la puissance disponible du commutateur, avec de la marge pour les ajouts.
  4. Comptez les prises, PoE et non PoE, sans oublier celle qui relie le commutateur à la passerelle.

Exemple, avec les chiffres cités plus haut : deux bornes U7 Pro (42 W au plus) et deux caméras G5 Bullet (8 W au plus) font 50 W. Elles tiennent sur les quatre prises PoE+ du Lite 8 PoE (52 W), sans aucune marge. Sur le Lite 16 PoE (45 W), elles dépasseraient la puissance disponible, malgré ses huit prises PoE : il faudrait retirer un appareil ou choisir un commutateur plus puissant.

Géré ou non géré : est-ce important ?

Oui, dès que l’entreprise sépare ses réseaux. Un commutateur « géré » se règle : il sait ranger chaque prise dans un réseau (l’équipe, les caméras, la téléphonie) et transporter plusieurs réseaux sur le même câble. La fiche du Lite 8 PoE, par exemple, annonce jusqu’à 1 000 réseaux séparés (VLAN) et un réseau réservé à la voix. Un commutateur non géré, lui, met tout le monde dans le même réseau. Si ces notions sont nouvelles, lisez Les VLAN expliqués simplement.

Quels pièges éviter ?

  • Compter les prises, pas les watts. C’est l’erreur la plus courante, comme le montre l’exemple ci-dessus.
  • Oublier l’avenir. Une caméra ou une borne ajoutée l’an prochain doit trouver une prise et de la puissance.
  • Brancher le commutateur sur une multiprise sans protection. S’il alimente les caméras et les téléphones, une coupure de courant les éteint tous. Un onduleur dans la baie les garde en marche, selon son autonomie : voir notre article sur la coupure de courant et l’onduleur.
  • Multiplier les petits injecteurs. Un boîtier d’alimentation par appareil dépanne pour une borne isolée, mais encombre vite la baie et ne se surveille pas.
  • Négliger le câble. Le PoE passe par le câble réseau : un câble abîmé ou une longueur hors norme posent problème. Pour un nouveau chantier, voyez Catégorie 6 ou 6A : quel câble réseau ?.

Pour les caméras en particulier, notre article Caméras filaires PoE ou Wi-Fi compare les deux façons de les relier.

Romuald et son équipe partent de la liste de vos bornes, caméras et téléphones, lisent la fiche de chacun, puis choisissent un commutateur UniFi géré dont la puissance couvre le total avec de la marge. Il est posé dans la baie, protégé par un onduleur si vous le souhaitez, et ses prises sont étiquetées et notées sur le plan remis à la fin. SateLink Solution est une entreprise indépendante, qui pose et configure ce matériel sans appartenir à ces sociétés.

Les caméras sont posées par notre partenaire sécurité ; nous préparons le réseau et l’alimentation qui les accueillent. Le prix se donne après la visite, gratuite dans un rayon de 30 km autour d’Overijse. Le détail d’une installation est sur la page Réseau et Wi-Fi.

En résumé

  • Un commutateur PoE envoie le courant et les données par le même câble, jusqu’à 100 mètres selon Cisco.
  • PoE, PoE+ et PoE++ sont des niveaux de puissance : la fiche de chaque appareil dit celui qu’il demande.
  • Deux chiffres comptent : la puissance par prise et la puissance totale disponible.
  • Additionnez la consommation maximale de vos appareils et gardez de la marge pour les ajouts.
  • Choisissez un commutateur géré dès que vous séparez vos réseaux, et protégez-le par un onduleur.

L’appel de cadrage est gratuit : trente minutes pour faire la liste de ce qu’il faut alimenter chez vous, et savoir quel commutateur le portera.

Portrait de Romuald, fondateur de SateLink, en t-shirt SateLink

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